Rock’n’Roll Attitude

L’Histoire du rock est peuplée de légendes vraies qui se transmettent de génération en génération. Celle de Rock’n’roll attitude est une des plus exemplaires. En cet hiver 84/85, Johnny Hallyday est exsangue. Un show trop lourd, donné chaque soir au Zénith, a dévoré toute ses forces. A la fin d’un spectacle, il s’écroule. Quelques jours auparavant, il a devisé longuement avec le chanteur Michel Berger sur la suite à donner à sa carrière. Les deux hommes tombent d’accord : publier moins de disques, mais des disques plus ambitieux, plus forts, plus cohérents. Le principe d’une collaboration totale entre les deux artistes est rapidement retenue. Elle va se doubler d’une profonde amitié.
Michel Berger écrit une dizaine de titres. Quelques essais en studio réunissent l’équipe au studio Gang, autour des fêtes de fin d’année. La coloration sonore est assurée par les membres de la « M. B. School », la tribu de musiciens fidèles, depuis toujours, à Berger, cordonnée par le bassiste et directeur d’orchestre Jannick Top. Puis l’équipe déménage au studio Tempo de Montréal, en avril 1985. A partir de ce moment-là, ce n’est plus tout à fait un chanteur entouré d’instrumentistes qui projette son énergie insatiable sur la bande,
c’est un véritable groupe qui se forme.
Le disque sort le 26 juin. Succès de curiosité d’abord. Puis succès tout court. En quelques jours, cet album visionnaire remplit exactement l’objectif que le tandem Hallyday/Berger lui a assigné : il révolutionne l’image de l’artiste, son style et la manière dont il est perçu par les médias, enrôlant au passage un public intrigué par ce rocker éternel, capable à tout moment de se réinventer. Le visuel en noir et blanc de la pochette révèle un artiste un peu irréel, qui a rompu avec son habituelle blondeur. La photo entre en résonance avec le film Détective de Jean-Luc Godard qui a créé l’événement en mai, au festival de Cannes.
Le disque s’ouvre sur un portrait de l’artiste en Chanteur abandonné ; en grand fauve solitaire, en réalité. Berger joue avec la saga Hallyday, la trahit, la retrouve et, au final, la magnifie à travers un étonnant fétichisme qui s’attarde sur le look (Rock’n’roll attitude), les mondes de mecs (Equipe de nuit), la guitare (Pendue à mon cou) et l’hyper érotisme que la star transmet à ce qui l’entoure (La blouse de l’infirmière). Avec, en prime, le tendrement rêveur Quelque chose de Tennessee, porté par un des clips les plus inspirés des années quatre-vingt réalisé par Bernard Schmitt ; un titre qui conclura une rentrée parisienne à Bercy, en septembre-octobre 1987, qui serrera chaque soir la gorge de 12 000 spectateurs.

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